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  • Cherbourg-en-Cotentin, capitale de la course au large

    C’est du jamais vu. Dans le port de Cherbourg-en-Cotentin, on a poussé les murs pour accueillir les voiliers d’une Rolex Fastnet Race qui s’annonce historique. Entre le Port Chantereyne et le Port de Commerce – en plein centre-ville – ils sont 150 à avoir choisi de faire escale en Normandie avant de rejoindre Cowes, en Angleterre où le départ sera lancé samedi à 14 heures (Heure Française). Avant cela, les visiteurs peuvent découvrir ces fabuleuses machines et rencontrer les marins. Les IMOCA, les bateaux du Vendée Globe, sont visibles dans le Bassin du Commerce alors que les Class40 et les grands trimarans sont amarrés à Port Chantereyne. Dans les prochaines 48 heures, la flotte mettra le cap plein nord pour rejoindre le Solent, entre l’île de Wight et l’Angleterre.

    Arrivée Fastnet Cherbourg / Armel Vrac / Nicolas Touzé

    Un départ musclé
     
    Le départ de cette 50ème édition s’annonce grandiose, comme il y a deux ans. La flotte de 450 bateaux – la plus grande jamais réunie sur une zone de départ – va s’élancer dans des conditions soutenues avec un vent fort, de face, et une mer formée à proximité des Needles, ces majestueuses aiguilles de craie qui marquent la sortie du Solent. Cette armada va ensuite aller enrouler le Fastnet Rock, au sud de l’Irlande avant de mettre le cap vers Cherbourg-en-Cotentin. Selon les derniers routages, les grands trimarans Ultims sont attendus vers minuit dans la nuit de dimanche à lundi. Les arrivées s’échelonneront ensuite toute la semaine.

    « C’est la course la plus fameuse au monde, avec la Sydney – Hobart. C’est un morceau de l’histoire de la voile. Tabarly y a participé et certaines éditions ont été dures, notamment en 1979 avec une énorme tempête. C’est ancré dans les esprits, c’est beaucoup d’émotion et la ligne de départ n’est jamais facile. C’est un super spectacle mais quand on est au milieu de tout ça, on est assez tendus. »
    Franck Cammas
    Skipper Imoca CHARAL
    « C’est la première fois que je fais cette course en IMOCA, avec mon propre bateau. C’est une aventure qui se poursuit. Dans la Manche, on a grandi avec Christophe Auguin qui a gagné le Vendée Globe. Le départ s’annonce musclé. L’objectif est de sortir du Solent en un seul morceau. »
    Louis Duc
    Skipper Fives Lantana
    « C’est ma dixième participation à la Rolex Fastnet Race. La première fois, je n’avais que 19 ans et j’ai frappé à toutes les portes pour trouver un embarquement. Une famille m’a dit oui et m’a offert une opportunité énorme. Cette course est importante pour les jeunes et c’est génial d’être ici, en plein centre-ville avec nos bateaux. »
    Sam Davies
    Skipper Initiatives Coeur
  • La Rolex Fastnet Race, l’engouement d’un territoire

    Avec la Rolex Fastnet Race qui arrive dans un mois, Cherbourg-en-Cotentin va devenir pendant quelques jours la capitale mondiale de la course au large. Près de 500 bateaux sont en effet attendus sur la ligne d’arrivée, du jamais vu !

    C’est la première fois qu’une telle flotte est accueillie sur un même événement et un tel exploit n’est possible que grâce à la collaboration de tous les acteurs du territoire, de la Région Normandie à la Ville de Cherbourg-en-Cotentin en passant bien sûr par le Département de la Manche et la Communauté d’Agglomération du Cotentin.

    « C’est un territoire où il existe une tradition de coopération forte, qui dépasse les questions politiques » explique Jean-Louis Valentin, Président de l’association en charge de l’arrivée.

    Cette union s’explique aussi par une stratégie commune, celle de faire du nautisme un axe de développement à tous les échelons. Ainsi Cherbourg-en-Cotentin accueille des évènements de premier plan à l’image de la Rolex Fastnet Race, bien sûr mais aussi la Drheam Cup, inscrite au calendrier des plus grands skippeurs français alors que le Cotentin est de plus en plus réputé pour la beauté préservée de son littoral. Le département de la Manche a lui aussi son programme « course au large » avec un bateau à ses couleurs, skippé par Nicolas Jossier. Au niveau régional, les initiatives sont multiples avec des courses bien installées à l’image de la Transat Jacques Vabre ou de la Solitaire du Figaro qui s’élancera cette année de Caen. La Rolex Fastnet Race s’inscrit donc dans cette logique partagée. «Il y avait une volonté de trouver un événement de dimension internationale dans le domaine du nautisme » poursuit Jean-Louis Valentin qui mesure l’engouement à la fréquentation hôtellière, en hausse, ainsi qu’au remplissage des restaurants.« Il y a aussi des critères tels que les retombées presse. Il y a plusieurs niveaux d’analyse mais l’on ressent bien que c’est un événement qui a du sens.»  La particularité de cette Rolex Fastnet Race est aussi d’offrir un trait d’union inédit entre la France et l’Angleterre. L’événement est en effet organisé par un club anglais, le RORC. Cette 50ème édition promet donc de marquer l’histoire et le public normand pourra en profiter dès le 20 juillet avec les bateaux qui feront escale avant de prendre le départ à Cowes.

    Depuis 30 ans, Port Chantereyne accueille les plus grandes courses au large européennes. Départs ou arrivées, ces événements suscitent toujours un grand engouement et nous avons à coeur de faire partager aux terriens les  aventures des équipages venus du monde entier. Le Fastnet confère un supplément d’âme à ces grandes fêtes nautiques. C’est l’une des plus grandes courses au monde et elle offre à notre ville, à notre port, à notre bassin nautique une exposition incomparable. Et l’opportunité de montrer que nous sommes l’un des grands lieux du nautisme en Europe.

    Nous sommes heureux d’accueillir dans le Cotentin cette épreuve mythique decourse à la voile qu’est la Rolex Fastnet Race et de célébrer la mer avec nos voisins anglais et irlandais. L’identité maritime du Cotentin est profondément inscrite dans les gènes de ses habitants. Ici on grandit avec la mer et on vit au rythme des marées. Cet événement nautique, qui reste également une véritable fête populaire, nous permet de rappeler que le Cotentin est la « Terre Bleue ». Avec la Rolex Fastnet Race, nous rejoignons le cercle fermé des territoires accueillant de grands événements nautiques. Le Cotentin montre ainsi son attractivité et son dynamisme tourné vers la mer.

    Cette année encore, la Manche se prépare à vivre un événement de grande ampleur, en mer comme à terre. L’accueil de cette course à la voile parmi les plus mythiques d’Europe renforce l’image nautique de la Manche et fait rayonner le territoire à l’internationale. L’édition de 2021 avait généré des retours positifs de toute part et cette édition 2023 s’annonce déjà comme une réussite avec un record d’inscriptions, réunissant marins amateurs et plus célèbres

    La Région Normandie est particulièrement fi ère de soutenir l’organisation de la 50ème Rolex Fastnet Race qui réunit les plus grands noms de la discipline et qui affirme chaque année un peu plus encore la Normandie comme une région de nautisme tournée vers la mer. Je souhaite bon vent aux nombreux navigateurs que nous saurons accueillir dignement à leur arrivée en Normandie.

  • Les Multis en nombre sur la Rolex Fastnet Race

    Attention record !

    Cette 50ème édition de la Rolex Fastnet Race rassemble de nombreux multicoques, réputés très rapides. Deux Ultims sont engagés et pourraient établir un nouveau temps de référence sur ce nouveau parcours entre Cowes et Cherbourg-en-Cotentin alors que la classe Ocean Fifty aligne huit bateaux.

    Guillaume Gatefait / SVR

    Les deux géants bleus, SVR-Lazartigue et Banque Populaire XI, sont skippés par deux titans de la course au large, François Gabart et Armel le Cleac’h. Tous deux ont remporté le Vendée Globe (Gabart 2012, le Cleac’h 2016). Le Cleac’h fait partie du club exclusif des triples vainqueurs de La Solitaire du Figaro et navigue en Ultim depuis dix ans, ce bateau étant son deuxième. De même, Gabart a rejoint la classe en 2015, remportant de nombreux événements avec son trimaran MACIF, culminant avec son record de navigation en solitaire sans escale autour du monde de seulement 42j 16h 40m 35s, avec seulement deux jours de moins que le record établi avec un équipage complet.

    Gabart a déjà participé deux fois à la Rolex Fastnet Race, gagnant sur son IMOCA MACIF en 2013 puis, en 2019, menant la ligne d’arrivée de Plymouth à bord de son trimaran Ultim, avant d’être devancé par le Groupe Edmond de Rothschild, qui a terminé à moins d’une minute. « C’était un peu décevant », reconnaît-il.

    François Gabart & Tom Laperche – Guillaume_Gatefait-MerConcept

    Pour Le Cleac’h, il s’agira de sa quatrième Rolex Fastnet Race, puisqu’il y a participé deux fois sur son IMOCA et une fois sur son précédent Banque Populaire Ultim. Cependant, comme Gabart, il est très familier du Fastnet et de la mer Celtique : « En Figaro, nous avons beaucoup d’étapes et de courses avec le Fastnet comme marque, donc je connais les difficultés de ce parcours ».

    Que pensent les titans français de la course au large de la Rolex Fastnet Race ? Gabart : « Elle fait partie de l’histoire de la voile. Même quand on est enfant et qu’on navigue en Optimist, on entend parler de la Rolex Fastnet Race. Puis on grandit, on apprend ce que c’est et cela devient quelque chose que l’on veut faire. En France, elle n’est pas aussi connue que la Route du Rhum ou le Vendée Globe, mais les gens en ont entendu parler, surtout depuis qu’elle est ‘un peu plus française’ (c’est-à-dire qu’elle se termine à Cherbourg). Et elle est bien plus ancienne que les courses françaises – c’est un classique comme la Coupe de l’America. C’est aussi une histoire avec des bons et des mauvais côtés – je pense à 1979 ».

    La Rolex Fastnet Race est une course mythique. J’ai connu cette course quand j’étais jeune parce que mon père la suivait. Bien qu’il n’ait jamais navigué, il m’a expliqué son histoire dramatique, y compris 1979 et la tempête. Le départ est incroyable : tous ces bateaux sur la ligne – c’est le seul endroit au monde où l’on peut vivre cela. La course a une si longue histoire, je suis très heureux d’être ici cette année car c’est la 50eme édition. Je suis très fier de mon équipe et de mon bateau qui pourrait être le premier à terminer la course.
    Armel Le Cleac’h
    Skipper
    Armel Le Cleac’h_arrivee-route-du-rhum_credit-vincent-curutchet-bpce_

    Les deux skippers apprécient le fait qu’en participant à la Rolex Fastnet Race, ils font partie d’un événement qui implique tous les échelons de la communauté de la course à la voile, des amateurs aux plus grands professionnels.

    Aucun de ces Ultims n’a participé à la course de 2021, lorsque Charles Caudrelier et Franck Cammas sur le Maxi Edmond de Rothschild ont établi le record du nouveau parcours jusqu’à Cherbourg-en Cotentin en 1j 9h 14m 54s. Leurs Ultims sont tout à fait capables de faire mieux – tous deux envisagent de participer au Trophée Jules Verne, dont la prochaine étape est de faire le tour du monde sans escale en équipage complet, non pas en 80 jours, mais en moins de 40 jours. De même, le record absolu du plus grand nombre de milles parcourus en 24 heures, vieux de 14 ans (908,2 milles/vitesse moyenne de 37,84 nœuds), peut également être battu si l’on dispose de la bonne trajectoire, de conditions adéquates et de la volonté nécessaire. Les derniers Ultims peuvent parcourir 1 000 milles en une journée (vitesse moyenne de 41,6 nœuds).

    La plus belle pointe de Banque Populaire XI, par exemple, est de 47 nœuds à ce jour, mais la vitesse maximum compte moins que les moyennes élevées qui représentent  un objectif pour Le Cléac’h. « 40-42 nœuds pendant une ou deux heures, c’est très bien, ou 35-37 nœuds pendant 24 heures. Nous savons que c’est possible avec notre bateau si les conditions sont bonnes. Les performances des Ultims ont fait un bond en avant ces dernières années, depuis que de nouvelles configurations de foils leur permettent de voler. Pour Banque Populaire XI, il faut 12-13 nœuds de vent et une vitesse de 22 nœuds pour décoller. Les conditions idéales ne dépassent pas 20 nœuds, car au-delà, la mer devient trop agitée pour utiliser efficacement les foils. Au près, dans 15-17 nœuds, Banque Populaire XI vole et atteindra 27-30 nœuds. « C’est un grand pas en avant par rapport aux derniers Ultims.

    Photo : Tim Wright

    Un autre match race dans la classe des multicoques opposera les deux trimarans MOD70. Bien que monotypes à l’origine, ils sont aujourd’hui tous hors classe, beaucoup d’entre eux étant par exemple équipés de foils améliorés. Le Groupe Axciss d’Eric Defert (ex-Race For Water) sera opposé à l’un des MOD70 les plus optimisés, le Zoulou du Français Erik Maris. A l’origine Paprec Recyclage de Jean-Pierre Dick, ce MOD70 a connu son heure de gloire sous le nom de Team Concise de Tony Lawson en remportant les honneurs de la Rolex Fastnet Race 2017 en multicoque, avant de devenir Powerplay de Peter Cunningham, vainqueur de la RORC Caribbean 600 en 2020. Le propriétaire actuel, Erik Maris, a eu une longue histoire avec les quillards avant de passer aux multicoques, en passant par de nombreuses classes telles que l’Extreme 40, le D35 et le TF35, mais en passant près d’une décennie à courir des catamarans volants GC32 sur le GC32 Racing Tour.

    Maris a personnellement des souvenirs anciens de la Rolex Fastnet Race, depuis qu’il a participé à l’Admiral’s Cup en 1987 au sein de l’équipe B Belgique/France. Comme il le dit :

    « C’est tout simplement la plus grande course au large du monde, avec la Rolex Sydney Hobart. »
    Erik Maris
    Skipper

    Alors que les Ultims sont sur le point de faire les gros titres, les trimarans Ocean Fifty sont eux aussi en pleine ascension. Anciennement connus sous le nom de Multi50, ces trimarans sont des versions plus petites des ORMA 60 qui ont vu le jour dans les années 1980 et ont couru jusqu’en 2007, date à laquelle ils ont été remplacés par les MOD70. Les Ocean Fifty n’ont pas participé aux précédentes Rolex Fastnet Race, mais la classe s’est récemment développée en France avec un programme de courses comprenant la série Pro Sailing Tour de la classe (qui en est à sa troisième saison), ainsi que les grandes classiques françaises telles que la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre et, cette année, la Rolex Fastnet Race.

    La classe est soumise à des limitations strictes en matière de matériaux. Par exemple, les coques doivent être construites en fibre de verre, mais les renforts en fibre de carbone sont autorisés. Six foils sont autorisés, y compris les foils C monotypes obligatoires installés dans les flotteurs.

    Photo : Vincent Olivaud

    Sur la ligne de départ de juillet, huit bateaux seront présents, dont le très expérimenté Erwan Le Roux, vainqueur de la Route du Rhum l’année dernière et du Pro Sailing Tour cette année avec son plan VPLP de la génération 2020, Koesio. Le bateau le plus récent sera le Primonial de Seb Rogues, dessiné par Romaric Neyhousser (qui fait partie de l’équipe de Guillaume Verdier) et dont la mise à l’eau est imminente. Rogues a remporté la Rolex Fastnet Race en 2013 en Class 40.

    Le franco-britannique Luke Berry, nouveau venu dans la classe, est passé cette saison de la Class40 à l’Ocean Fifty  avec son bateau de 2009, Le Rire Médecin – Lamotte. Berry a remporté la Rolex Fastnet Race en Class40 en 2019, mais a été devancé en 2021, terminant troisième.

    Photo : Vincent Olivaud

    Après deux saisons en Class40, Berry déclare : « J’ai senti qu’il y avait une opportunité de monter en grade et certains de mes sponsors étaient à la recherche de nouvelles aventures, alors nous avons réussi à mettre tout cela en place juste après la Route du Rhum l’année dernière. » La campagne de Berry est soutenue par de nombreux petits sponsors (20 au total et en augmentation), mais son budget est l’un des plus modestes. Bien qu’il soit plus âgé, son bateau a récemment fait ses preuves, remportant la Route du Rhum 2018 avec Armel Tripon (qui participe cette année à la Rolex Fastnet Race à bord de son Kombawa, conçu par Neyhousser en 2013) et ayant précédemment été mené par Seb Rogues, qui a remporté la Transat Jacques Vabre à bord de ce bateau en 2021. Berry affirme que les derniers Ocean Fifty ont des performances similaires à celles de la dernière génération d’ORMA 60 d’il y a 15 ans.

    Berry s’accommode à peine de la transition du monocoque au trimaran, mais il peut compter sur l’expérience du talentueux navigateur de multicoques Antoine Joubert.

    À propos de la Rolex Fastnet Race, il déclare : 

    J’ai participé à de nombreuses courses en Manche et à de nombreuses Mini Fastnets – j’adore ça, c’est une course formidable. La Rolex Fastnet Race n’est jamais terminée tant que vous n’avez pas franchi la ligne d’arrivée, comme nous l’avons découvert la dernière fois lorsque nous avons été les premiers jusqu’à Aurigny, avant d’être coiffés au poteau, ce qui était frustrant
    Luke Berry
    Skipper

    La Rolex Fastnet Race 2023 réunira le plus grand nombre de multicoques français du 20 au 29 juillet 2023.

  • La Rolex Fastnet Race, une course au féminin

    Plusieurs femmes ont déjà marqué l’histoire de la Rolex Fastnet Race. A presque un mois du départ et de l’arrivée à Cherbourg-en-Cotentin, tour d’horizon de celles qui vont écrire la 50ème édition de cette course historique. 

    Sam Davies a une longue histoire avec la Rolex Fastnet Race. © Yann Riou – polaRYSE / Oscar

    Sam Davies (GBR), Initiatives Coeur, classe IMOCA

    Originaire de Portsmouth, Sam Davies vit en France depuis plus de vingt ans. Elle y a gravi tous les échelons de la course au large. Son histoire avec le grand large débute en 1998 alors qu’elle embarque aux côtés de Tracy Edwards pour battre le record du tour du monde sans escale. Elle a depuis participé à trois Vendée Globe ainsi qu’à la Volvo Ocean Race à la tête du team SCA. Récemment revenue d’une étape de l’Ocean Race, elle fait aujourd’hui campagne à bord d’un bateau flambant neuf aux couleurs d’Initiatives Cœur. Cette campagne permet de collecter des fonds pour des Mécénat Chirurgie Cardiaque afin de soigner des enfants issus de pays défavorisés.
     
    La Rolex Fastnet Race est importante pour Davies car elle lui a permis de vivre sa première expérience de course au large à bord d’un bateau de 40 pieds, invitée par les propriétaires. « Sur le moment, vous ne vous rendez pas compte de l’incroyable opportunité qui vous est offerte. Surtout quand vous êtes jeune, vous devez bien vous vendre, mais sur le moment, vous considérez que c’est acquis. Je ne remercierai jamais assez Tim et Liz (les propriétaires) pour ce qu’ils ont fait pour moi ».
     
    Le domaine de Davies – la course au large – est l’un des rares sports où les femmes et les hommes partent sur un pied d’égalité. Tout le monde a en tête la victoire de Florence Arthaud sur la Route du Rhum 1990 ou la seconde place d’Ellen Mac Arthur lors du Vendée Globe 2001. Dans le prochain Vendée Globe, il y aura au moins cinq femmes en lice. « Ce qui est sympa, c’est que ce sont toutes des navigatrices de haut niveau qui ont des projets avec des sponsors qui sont sérieux et qui sont là depuis longtemps (ce n’est pas leur premier Vendée Globe). Ils ont tous des foilers, avec un fort potentiel pour obtenir de bons résultats. »
     
    « Ce qui est bien aussi, c’est qu’il y a au moins un skipper masculin qui a choisi une co-skipper féminine pour la Transat Jacques Vabre. Jusqu’à présent, les seules navigatrices IMOCA étaient les skippers. C’est un signe de confiance et de respect dans le monde de la voile. » poursuit Sam.

    Tor Tomlinson brandit la Fastnet Challenge Cup après avoir remporté la Rolex Fastnet Race 2021 au classement général sur le JPK 11.80 Sunrise de Tom Kneen. © Paul Wyeth/pwpictures.com

    Tor Tomlinson (GBR), JPK 11.80 Sunrise, IRC 2
     
    La dernière édition de la Rolex Fastnet Race a été remportée par le JPK 11.80 Sunrise de Tom Kneen dont l’équipage comprenait deux femmes : Tor Tomlinson Cheney et Suzy Peters.
    Sur ce bateau, lors des départs, Tor Tomlinson Cheney règle la Grand-Voile tandis que Suzy Peters est co-navigatrice avec Tom Cheney, le mari de Tor.
     
    « Suzy est une très bonne navigatrice et nous sommes toutes amies », explique Tomlinson Cheney.
     
    Est-il plus facile pour les femmes d’obtenir une place sur ce type de bateau ? « En tant qu’amateur, je pense que oui. Il y a deux aspects différents : La navigation en double se développe, il est donc plus difficile pour les gens de naviguer, mais la raison pour laquelle elle est de plus en plus répandue est que les gens ont du mal à trouver des équipiers. Les opportunités sont donc plus nombreuses. Le plus difficile est de trouver l’équipe qui vous convient et pour laquelle vous voulez sacrifier vos week-ends. »

    Astrid de Vin à la barre de son JPK 10.30 Il Corvo – participant à la course De Guingand Bowl © Paul Wyeth/pwpictures.com

    Astrid de Vin (NED), JPK 10.30 Il Corvo, IRC Two

    Si les équipages féminins sont minoritaires, les femmes propriétaires sont encore plus rares dans la flotte IRC. L’une des plus compétitives est la Néerlandaise Astrid de Vin. Il s’agit de sa quatrième Rolex Fastnet Race et de sa deuxième course en double, puisqu’elle a déjà participé à une course de ce type avec son précédent Grand Soleil 43.

    Récemment, Astrid de Vin s’est engagée à courir en double au large avec son co-skipper expérimenté Roeland Franssens, qui a participé à au moins 10 courses autour du rocher irlandais. « Personnellement, après 10 ans de course côtière en Hollande, j’avais envie d’un plus grand défi. Avec la course au large, aucune course n’est la même ». Pour courir en équipage réduit au large, elle a acquis le JPK 10.30, le même modèle que celui qui a remporté la classe IRC Two-Handed lors des deux dernières courses de la Rolex Fastnet Race.

    Sur le plan professionnel, Mme De Vin a travaillé dans le domaine des relations publiques et de la communication. Faisant partie d’un groupe exclusif de femmes propriétaires, elle déclare : 

    « C’est vrai – j’ai de la chance ! Il faut avoir la possibilité de le faire financièrement et j’aime beaucoup la course au large ».
    Astrid De Vin
    Skipper

     Elle est impatiente de s’intégrer à la communauté britannique de l’IRC en double, qui comprend elle-même de nombreuses femmes, et même quelques femmes propriétaires comme Kate Cope avec son Sun Fast 3200 Purple Mist.

    enny Taylor-Jones participe à la Rolex Fastnet Race pour la quatrième fois, mais ce sera la première fois pour elle et sa famille à bord de leur célèbre voilier classique S&S39 Sunstone © Sunstone

    Jenny Taylor-Jones (GBR), S&S 39 Sunstone, IRC Four
     
    Dans la flotte IRC, les plus belles histoires sont des affaires de famille et l’une des plus emblématiques est celle des Taylor-Jones basés à Ipswich – Will et Jenny avec leur fille Issy et le frère de Will, Tom, complétés par deux amis d’Issy embarqués à bord de Sunstone, un bateau qui a marqué sa génération dans les années 90.
     
    En ce qui concerne l’évolution des courses féminines depuis qu’elle a commencé, Jenny dit que c’est la navigation de sa fille qui est la plus évidente. « Elle a beaucoup navigué en dériveur et je l’ai conduite à de nombreux événements. Elle a navigué en Teras et en Feva, et la navigation en RS vise à inclure les filles de manière très équitable. A 13-14 ans, les sports à l’école sont très séparés en fonction du sexe, mais ça n’était pas le cas avec la voile ».
     
    Ce sera la quatrième Rolex Fastnet Race de Jenny et la première de la famille à bord de Sunstone. En général, la stratégie est l’affaire de Jenny mais les tactiques de courses sont toujours abordées en commun. « J’ai hâte d’y être. J’avais un peu d’appréhension au début, parce que je me disais que je n’avais plus 25 ans. En fait, on ne se sent pas différent, juste un peu plus lent ».

    Shirley Gervolino a parcouru plus de 9 000 NM (16 676 km) depuis la Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique Sud, pour participer à la course

    Shirley Gervolino (FRA/GBR), Beneteau 47.7 EH01, IRC One
     
    Outre les participants australiens, la palme du voyage le plus lointain revient à Shirley Gervolino, qui vient tout droit de Nouvelle-Calédonie, pour courir sur le First 47.7 EH01 de Global Yacht Racing. Shirley est née en Angleterre d’un père anglais, a grandi en France et s’est installée en Nouvelle-Calédonie il y a 30 ans. Professionnellement, elle est médecin généraliste, mais se concentre aujourd’hui sur la stratégie et l’analyse des hôpitaux, y compris la numérisation des dossiers de l’hôpital.
     
    Elle a navigué toute sa vie, en dériveur dans le sud de la France pendant son enfance à bord d’Optimist, de 470 et de 505. Elle a également abandonné la voile lorsqu’elle a eu une famille, avant de revenir à la compétition en 2007. Elle a notamment participé à la Rolex Fastnet Race 2009 – elle essaie de participer à une grande course au large de 600 à 1 000 milles par an. Elle a notamment participé à la Rolex Sydney Hobart, à la Rolex Middle Sea Race l’année dernière, à la course Auckland-Nouvelle-Calédonie, à la course Nouvelle-Calédonie-Vanuatu et à sa propre course autour de la Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’à des régates en Europe et dans les Caraïbes. 
     
    « J’aime les courses au large, mais j’aime aussi les courses côtières, que je pratique régulièrement. » En Nouvelle-Calédonie, les femmes qui participent à des courses sont relativement peu nombreuses. Là-bas, elle fait actuellement partie d’un équipage exclusivement féminin qui participe à la course Round New Caledonia et est impliquée dans une association qui encourage les femmes à naviguer.

    « J’aime les équipages mixtes, mais je suis assez déçue car il faut toujours faire ses preuves quand on est une femme. Il y a des rôles à bord qui restent réservés aux hommes c’est très frustrant. »
    Shirley Gervolino
    Skipper

    À l’avenir, Shirley souhaite acheter son propre yacht.

    L’expérimentée Néerlandaise Tinka Visser, 19 ans, participera à la compétition sur le J/109 Jybe Talkin © Pedro Martinez/44Cup

    Tinka Visser (NED), J/109 Jybe Talkin, IRC Three
     
    Bien qu’elle soit la plus jeune femme présentée ici, âgée de 19 ans, Tinka Visser de Groningen a accumulé une expérience considérable.
     
    Issue d’une famille de navigateurs, elle est passée par la voile légère avant de se lancer à fond dans la course de quillards à l’âge de 16 ans. Elle a participé pendant un an à la campagne du VO60 Boudragon du Néerlandais Hans Bouscholte, dont le point culminant a été la Rolex Fastnet Race de 2021. Elle poursuit : « Après l’école, je me suis retrouvée sur le Swan 65 King Legend, avec lequel j’ai participé à des courses et effectué quelques convoyages ». Son réseau s’est encore élargi lorsque, pendant son année de césure, elle a passé du temps chez Doyle Sails UK. Cela lui a donné l’occasion de régater sur un Cape 31 et sur le J/109 à bord duquel elle participe cette année à la Rolex Fastnet Race.
     
    « J’ai entendu beaucoup d’histoires sur la Fastnet Race », dit-elle. « Mes parents l’ont faite plusieurs fois dans le passé et j’ai donc entendu parler des conditions difficiles. Il y a deux ans, au départ, il y avait beaucoup de vent et de grosses vagues, mais après, ça allait – ce n’était pas confortable. Je m’attendais à des conditions plus difficiles. »
     
    Alors que sur le VO60, ils ont régaté à 18, elle attend avec impatience une course plus intime à huit sur le J/109 Jybe Talkin de Christopher Burleigh. Cette fois encore, il s’agit d’une affaire de famille, puisque son fils Matthew et sa fille Kat participent également à la course. « Je les ai rencontrés par l’intermédiaire d’un ami à la Semaine de Cowes et j’ai navigué avec eux pendant deux jours. Nous sommes restés en contact et j’ai vu qu’ils prévoyaient de participer à la Fastnet… »
     
    Malgré son jeune âge, elle affirme que le secret est « d’avoir des relations, de connaître des gens, puis il y a un effet boule de neige. Cela dépend en partie de votre caractère : si vous êtes ouvert, que vous voulez aider et que vous êtes disposé à recevoir des commentaires, c’est ainsi que vous vous entendrez avec les gens. Peu importe que vous soyez un homme ou une femme. »
     
    Outre l’imminence de la Rolex Fastnet Race, Visser étudie actuellement les sciences de l’éducation et a eu la chance d’être embarquée pour la saison dans l’équipage Team Aqua de Chris Bake sur la 44Cup, qui se rendra à nouveau à Cowes du 9 au 13 août.

  • PODCAST LE ROMAN DU FASTNET – EPISODE 5

    A l’occasion de l’ Arrivée de la 50ème édition de la Rolex Fastnet Race en juillet 2023, l’association Arrivée Fastnet Cherbourg, qui organise l’arrivée , vous propose le Roman du Fastnet. Un podcast mensuel en six épisodes qui, en compagnie d’invités ayant une histoire avec la course, revient sur des moments forts de cette épreuve presque centenaire.

    Découvrons ensemble le cinquième épisode.

    Le Roman du Fastnet – Episode #5
    SAM DAVIES, LE FASTNET COMME UNE ÉVIDENCE

    Le 22 juillet, Samantha Davies prendra sur son Imoca à foils Initiatives Cœur le départ de la Rolex Fastnet Race à Cherbourg-en-Cotentin, « sa dixième ou onzième », elle ne sait plus très bien ! Quand on aime, on ne compte pas pour la Britannique, littéralement « addict » d’une course qui balise tout son parcours de navigatrice. L’aventure commence dès l’enfance, à l’évocation du terrible Fastnet 1979. « J’avais cinq ans, je n’ai pas de souvenir précis, mais je sais qu’on en parlait beaucoup dans la famille et avec les amis, aussi parce que nous connaissions des gens touchés par le drame. »La jeune Samantha aurait pu continuer à faire de la croisière tranquille dans le Solent sur le bateau de ses parents, mais l’attrait pour la course et la technique la pousse à frapper à la coque de voisins de pontons qui régatent. Accueillie comme numéro 1 sur le Sun Legend 41 de la famille Mitchell, Sam découvre les joies du rappel dans les filières sur un bateau pas beaucoup plus étanche que ses premiers cirés. Qu’importe ! « On ne soupçonne pas la valeur de ce genre d’embarquement. Je remercie encore ces gens aujourd’hui. C’est là qu’est née ma passion et que j’ai compris que je voulais faire de la course au large ma vie. »Suivront d’autres expériences en mer Celtique sur des bateaux de course-croisière, puis les premières années Imoca, l’expérience de la Volvo Ocean Race sur Team SCA, dont le Fastnet fut le galop d’essai au large, et quatre participations encore sur Initiatives Cœur. « Chaque Fastnet est différent, et c’est aussi à chaque fois une belle occasion de rentrer voir la famille et les copains », dit celle qui « a la nostalgie des arrivées à Plymouth » mais qualifie l’accueil cherbourgeois en 2021 « d’incroyable ». Un mal pour un bien que ce changement de destination, qui forge « l’entente cordiale » entre les deux rives du Channel selon la plus française des skippers britanniques.

    Le podcast  « Le roman du Fastnet » c’est votre entrée VIP dans l’histoire de la course. Faite le plein d’anecdotes, de témoignages et d ‘échanges avec les personnes qui ont contribué à faire de cette course, une légende. Venez vous imprégner de  l’atmosphère de la Rolex Fastnet Race au micro de Pierre-Marie Bourguinat, de quoi vous faire patientez jusqu’au 22 juillet 2023 pour le départ de la 50ème édition. 

  • A 2 mois du départ – Record d’inscriptions pour la Rolex Fastnet Race

    La cinquantième édition de la Rolex Fastnet Race, partira dans un peu moins de deux mois, le samedi 22 juillet, de Cowes à destination de Cherbourg-en-Cotentin en Normandie, via le rocher du Fastnet.

    La Rolex Fastnet Race rassemble la plus grande flotte de course au large au monde sur un parcours de 600 milles devenu un classique. Le nombre de participants a régulièrement augmenté à chaque édition jusqu’en 2019 avec 388 voiliers, un record jusque-là. Mais cette année, pour sa 50e édition, les inscriptions se sont emballées, et ce sont aujourd’hui 494 voiliers qui sont inscrits, soit environ 3000 équipiers issus de 32 nations.

    Le gotha mondial de la course au large est au rendez-vous.

    Le Kialoa II de 1963 est parti de Sydney, en Australie, pour participer à la 50e édition de la Rolex Fastnet Race © ROLEX/Carlo Borlenghi

    Comme d’habitude, la flotte de la Rolex Fastnet Race réunit le gotha de la course au large, où des marins amateurs côtoient les meilleurs professionnels du monde. Elle comprend les voiliers de course au large les plus rapides, les trimarans géants volants Ultim, 29 Imoca engagés dans la course à la qualification pour le prochain Vendée Globe, ainsi que les meilleurs bateaux de régate du monde, dont le 88 pieds Lucky (7m de tirant d’eau !) ou encore le Maxi 72 Notorious. Mais la plupart des inscrits concerne la flotte IRC qui court pour le trophée historique de la course, la Fastnet Challenge Cup. À l’heure actuelle, cette catégorie compte à elle seule plus de 400 participants, ce qui en fait l’une de la Rolex Fastnet Race la plus grandes courses jamais organisées en IRC au cours des 23 années d’existence de la règle commune au RORC et à l’UNCL.

    Le maxi yawl de 73 pieds de Paddy et Keith Broughton, Kialoa II, a participé à un certain nombre de grandes courses classiques au large et ses propriétaires ne voulaient pas manquer les célébrations de la 50e Rolex Fastnet Race © ROLEX/Carlo Borlenghi

    Venu par la mer d’Australie pour participer

    Pour cette édition vraiment spéciale, les participants viennent du monde entier, mais les plus méritants sont sans conteste Paddy Broughton et son équipage sur le célèbre maxi yawl de 73 pieds Kialoa II. Entre les mains de son premier propriétaire Jim Kilroy, Kialoa II a terminé second de la Fastnet Race 1969. Ses actuels propriétaires anglais, les frères Paddy et Keith Broughton, après avoir participé à la Rolex Sydney-Hobart Race 2022, ont traversé le Pacifique, le canal de Panama et les Caraïbes, puis l’Atlantique jusqu’au Royaume-Uni. Une odyssée de quatre mois qui devrait s’achever ce week-end. Certains bateaux quant à eux, sont achetés ou même construits spécialement pour participer à la course. Pour d’autres équipages, la Rolex Fastnet Race est un rituel incontournable, un peu comme Noël ou les anniversaires. Mais peu d’entre approchent le record de la famille Goubau sur leur First 47.7 Moana, l’actuel champion d’Europe IRC. Après une première participation en 1997 sur leur précédent Moana, un Dufour 9000, le sympathique équipage belge a pris le départ de toutes les Rolex Fastnet Race depuis 2001, terminant toutes les courses à l’exception de la dernière et montant sur le podium de leur classe en 2011 et 2013. L’équipage cumule plus de 100 Rolex Fastnet Races à son actif. Sous la direction de ses propriétaires François Goubau et Michele Gelhausen, Moana est une affaire de famille. Mathieu, le fils du barreur, a participé à sa première course en 1997, à l’âge de 16 ans, et ses frères et sœurs Laurent et Alexis le rejoignent régulièrement à bord.

    Le Carkeek 45 Ino Noir du Commodore du RORC James Neville a été construit spécialement pour participer à la Rolex Fastnet Race de cette année © Georgie Altham

    Au moins une fois dans sa vie…

    Pour beaucoup d’autres, en revanche cette Rolex Fastnet Race sera une première. Parmi eux, l’Américain Paul Kanve et son Hinckley Sou’wester 51 Momentum, qui a en revanche déjà participé à plusieurs courses entre Newport et les Bermudes par exemple. Mais même pour un Américain, la Fastnet est une course mythique que l’on doit avoir couru au moins une fois dans sa vie. De même pour Alastair Bisson, qui n’aura pas loin pour rentrer une fois la ligne d’arrivée à Cherbourg-en-Cotentin franchie, puisque le port d’attache de son Sun Fast 3600 Killing Time est Guernesey. Pour lui la Fastnet a cela de spécial que son « histoire suscite autant de respect chez les marins que chez les terriens. Tout le monde sait que la concurrence est énorme, donc faire un bon résultat apporte une grande reconnaissance de la part de ses pairs ». Quant à l’équipage Xp38 Mylla, basé à Santander, son propriétaire Javier Sanchez Lamelas explique que la Rolex Fastnet Race est « tout simplement l’une des courses les plus emblématiques de la planète, si ce n’est la plus emblématique ».

    La famille Goubau et l’équipage de leur Beneteau First 47.7 Moana ont accumulé plus de 100 Fastnets à eux tous… © Paul Wyeth/pwpictures.com

    La 50e édition de la Rolex Fastnet Race partira de Cowes, sur l’île de Wight, le samedi 22 juillet à 14h00 heure française, direction le phare du Fastnet puis la Normandie où le premier Ultim devrait atteindre Cherbourg-en-Cotentin le dimanche 23 juillet au soir. Il sera suivi des Imoca puis des trimarans Ocean Fifty, tandis que la flotte IRC est attendue dans sa grande majorité entre le 26 et le 28 juillet dans le port le plus septentrional de la Manche.

    Alastair Bisson, basé à Guernesey, est passé du dériveur à la course de voiliers il y a 20 ans et il participe à la RORC depuis 2022 à bord de son Sun Fast 3600. Ce sera la première participation de l’équipe à la Rolex Fastnet Race © Killing Time
  • PODCAST – Episode 4 : 2013, VICTOIRE HISTORIQUE, EN DOUBLE ET EN FAMILLE

    A l’occasion de l’ Arrivée de la 50ème édition de la Rolex Fastnet Race en juillet 2023, l’association Arrivée Fastnet Cherbourg, qui organise l’arrivée , vous propose le Roman du Fastnet. Un podcast mensuel en six épisodes qui, en compagnie d’invités ayant une histoire avec la course, revient sur des moments forts de cette épreuve presque centenaire.

    Découvrons ensemble le quatrième épisode.

    Le Roman du Fastnet – Episode #4
    Avec Pascal et Alexis Loison

    Au départ de la Rolex Fastnet Race en 2013, Night and Day, l’un des 8 JPK 1010 engagés, fait partie des favoris pour l’emporter en IRC 3. En plus de ce classement, Pascal et Alexis Loison peuvent prétendre aussi s’imposer en double, ce qu’ils ont déjà fait en 2005 lors de leur premier Fastnet disputé sur leur précédent Night and Day, un J105.De là à rêver de victoire toutes classes, il y a un pas…

    Car même si la catégorie double est de plus en plus disputée (plus de 60 duos en 2013), aucun tandem n’a jusqu’ici brûlé la politesse aux équipages dans l’histoire de la course. Le JPK 1010 des Loison père et fils vient pourtant de montrer que l’exploit était dans ses cordes en remportant la victoire « overall » lors de la Channel Race, ce qui fait dire à Pascal que « dans certaines conditions, il n’y a pas de raison qu’un double bien mené sur un bateau bien préparé ne s’impose pas ».

    Sur la ligne de départ, le gain de la montre Rolex promise au vainqueur toutes classes reste une boutade entre Pascal et son fils Alexis, rompu à la course au large via la Solitaire du Figaro dont il n’a raté aucune édition depuis 2006. Le duo familial est concentré sur la course qui commence, comme souvent, au louvoyage pour s’extraire du Solent avant de traverser les grandes baies piégeuses de la Cornouaille.

    Jour et nuit, le JPK 1010 taille sa route, sans jamais relâcher la cadence, comme dans le morceau de Cole Porter dont il tire son nom. Au passage du Fastnet, les deux Cherbourgeois retrouvent du réseau malgré la purée de pois et apprennent qu’ils sont … deuxièmes ! Foggy Dew, le redoutable JPK1010 du Havrais Noël Racine, leur a brûlé la politesse dans la montée.

     Mais entre le rocher irlandais et Plymouth, dans une brise tonique au vent de travers, Night and Day prend sa revanche, ce qui lui permet de doubler l’archipel des Scilly en tête. Les 40 derniers milles se courent sous haute tension et l’arrivée à Plymouth sous une pluie diluvienne reste dans les annales.

    Night and Day est le premier à réaliser l’exploit d’une victoire toutes classes pour un bateau mené en double. Une performance qui n’a jamais été réitérée depuis…

    Le podcast  « Le roman du Fastnet » c’est votre entrée VIP dans l’histoire de la course. Faite le plein d’anecdotes, de témoignages et d ‘échanges avec les personnes qui ont contribué à faire de cette course, une légende. Venez vous imprégner de  l’atmosphère de la Rolex Fastnet Race au micro de Pierre-Marie Bourguinat, de quoi vous faire patientez jusqu’au 22 juillet 2023 pour le départ de la 50ème édition. 

  • 25 IMOCA attendus à l’arrivée de la Rolex Fastnet Race

    La Rolex Fastnet Race est une des premières épreuves IMOCA de la saison 2023 et va réunir une flotte impressionnante avec 25 monocoques attendus et plusieurs bateaux y feront leur première apparition. A l’occasion de cette 50ème édition de la Rolex Fastnet Race, les IMOCA seront menés en double. Le plateau s’annonce très relevé avec huit bateaux flambants neufs et 12 des 33 concurrents du dernier Vendée Globe.

    Yannick Bestaven, vainqueur du Vendée Globe, fera tout pour être au départ de la Rolex Fastnet Race. Photo : Christophe Breschi

    Yannick Bestaven est bien sûr très attendu. Victime d’une chute à vélo au printemps, il fera tout pour être au départ de Cowes le 22 juillet à bord de son nouveau Maître CoQ V, un plan Verdier construit à partir des moules de 11th Hour Racing. Depuis sa troisième place au dernier Vendée Globe, Louis Burton a acquis l’ancien plan Manuard L’Occitane en Provence qu’il a rebaptisé Bureau Vallée.

    Deuxième du dernier Vendée Globe (premier arrivé, mais relégué à la deuxième place après que Bestaven ait reçu une compensation de temps), Charlie Dalin revient sur la Rolex Fastnet Race après une performance exceptionnelle en 2021. Il a non seulement dominé la compétition IMOCA (dans cette classe très équilibrée, son Apivia a terminé avec six heures d’avance), mais a même longtemps fait jeu égal avec le géant Skorpios, deux fois plus grand et mené par une vingtaine de marins aguerris. « Après les Scilly, le vent est tombé et a tourné un peu à droite, ce qui fait que nous n’avons pas pu foiler davantage – c’est un regret, car sinon nous aurions pu les dépasser, je pense. En mode foil, nous étions plus rapides », se souvient Dalin.

    Cette fois, Charlie est de retour avec un nouvel IMOCA, le plan Verdier MACIF, dont la mise à l’eau est prévue en juin. « Nous avons identifié quelques points que nous voulions améliorer, comme la navigation au portant dans une mer modérément forte, et nous avons également optimisé l’ergonomie du bateau grâce à notre expérience de ces quatre dernières années », explique-t-il.

    La Rolex Fastnet Race sera la première course du nouveau MACIF. Dalin est un grand fan de cette course : « Ce sera passionnant de commencer par la Fastnet. J’ai hâte de sortir du Solent sur le nouveau bateau avec des centaines d’autres bateaux autour ».

    Photo : Yann Riou

    La Grande-Bretagne dispose de plusieurs bateaux IMOCA de qualité. Tous les regards seront tournés vers Sam Davies et son nouveau bateau Initiatives Coeur. Lancé l’année dernière, le premier IMOCA construit par Davies est un projet de Sam Manuard, construit à partir des moules de L’Occitane en Provence (voir ci-dessus). Comme toujours, sa campagne, digne et intelligente, utilisera les réseaux sociaux pour collecter des fonds pour Mécénat Chirurgie Cardiaque, une organisation caritative qui effectue des opérations cardiaques pour les enfants du tiers-monde.

    La première campagne à deux bateaux de la classe IMOCA a été officiellement lancée il y a quelques semaines. Cette approche gagnante a déjà été utilisée lors de la Coupe de l’America et de l’Ocean Race. Thomas Ruyant et le Britannique Sam Goodchild s’associent dans le cadre de la campagne « For People and Planet », soutenue par leurs sponsors respectifs Advens et Leyton. Tous deux seront sur la ligne de départ en juillet et espèrent franchir la ligne d’arrivée en Normandie. Ruyant skippera For People, un IMOCA flambant neuf conçu par Finot-Conq et Antoine Koch, tandis que Goodchild héritera de l’ancien bateau de Ruyant, LinkedOut, un plan Verdier 2019 construit par Persico. Si LinkedOut a terminé sixième du dernier Vendée Globe, il a connu d’énormes succès depuis en remportant la Transat Jacques Vabre 2021 et la Route du Rhum l’année dernière.

    Pour Goodchild, qui vient de la classe Ocean Fifty, la campagne IMOCA a été un travail de longue haleine. « Nous avons pris notre temps ! J’ai toujours voulu bien faire. Je suis heureux de le faire plus tard et mieux », déclare Goodchild, qui a depuis participé à la plupart des grands événements offshore et a remporté le Pro Sailing Tour avec Leyton lors de sa première saison en tant que skipper en 2021.

    Thomas Ruyant et Sam Goodchild courent sous les couleurs de « For people and planet ». Photo : P. Bouras

    Goodchild a participé à la Rolex Fastnet Race à de nombreuses reprises, d’abord sur l’Artemis IMOCA 60 en 2009 et par la suite en Class40, puis sur le MOD70 Phaedo et l’Ultime Sodebo, bien qu’il ne l’ait pas encore remportée. « C’est une belle course, un beau parcours. Retourner dans le Solent est toujours amusant, d’autant plus que je passe maintenant trop de temps en France ! J’aime toujours les grandes courses qui mélangent les pros et les amateurs et où tout le monde est sur le même parcours – c’est très amusant ». La Rolex Fastnet Race sera la première épreuve IMOCA officielle de Goodchild sur son nouveau bateau et il est impatient de terminer à Cherbourg-en-Cotentin. « C’est un grand port avec beaucoup d’espace et beaucoup de courant, il faut être très prudent ! ».

    Pendant ce temps, Pip Hare fait monter la pression. Véritable révélation du dernier Vendée Globe, la Britannique prend le départ à bord de son nouvel IMOCA Medallia, avec lequel Armel Le Cléac’h a remporté le Vendée Globe en 2017. Depuis qu’il a terminé 12eme de la Route du Rhum l’an dernier, Medallia a subi une intervention majeure avec notamment une modification de l’étrave et l’installation de nouveaux foils Verdier qui sont deux fois plus grands que les anciens. Il faudra également surveiller James Harayda sur Gentoo, l’ancien Hugo Boss du millésime 2007. A 25 ans, Harayda sera le plus jeune skipper de la classe IMOCA mais il a déjà montré son potentiel en terminant 14eme sur 34 à la Route du Rhum l’année dernière.

    Pip Hare’s Medallia was formerly Armel le Cléac’h’s 2016-17 Vendée Globe winner © Mark Lloyd

    Parmi les autres poids lourds français en lice en juillet, on trouve Jérémie Beyou et son nouveau bateau de dernière génération, Charal 2, conçu par Sam Manuard. Beyou a remporté la Fastnet en classe IMOCA en 2019 et a terminé deuxième en 2021. À bord de son nouveau bateau, il a terminé troisième de la Route du Rhum l’année dernière. Le dernier Paprec Arkéa de Yoann Richomme a été mis à l’eau en février. Comme le For People de Ruyant, il s’agit d’un nouveau design de Finot-Conq et Antoine Koch. À eux deux, Richomme et Beyou ont remporté cinq Solitaires du Figaro – Beyou en 2005/11/14, Richomme plus récemment en 2016 et 2019.

    Yoann Richomme’s Paprec Arkéa was launched in February © Polaryse/Paprec Arkea

    Maxime Sorel a terminé le dernier Vendée Globe à la 10ème place mais a mis à l’eau son nouveau bateau l’année dernière. Son V et B – Monbana- Mayenne est un plan Verdier, construit à partir des moules d’Apivia mais avec un nouveau design d’étrave et des foils de dernière génération. A bord de ce bateau, Sorel a terminé cinquième de la Route du Rhum l’année dernière. Éric Bellion, premier bizuth du Vendée Globe 2016, aligne également un bateau de 2023. Le nouveau Commeunseulhomme, construit par Persico et propulsé par Altavia, est l’œuvre de David Raison, le célèbre designer de Mini.

    Si les équipes françaises sont toujours majoritaires dans la classe IMOCA, la représentation internationale reste forte. Outre les concurrents britanniques, le Japonais Kojiro Shiraishi revient avec DMG Mori Global One, un plan VPLP 2019 à bord duquel il a terminé 16eme du dernier Vendée Globe. Le Canadien Scott Shawyer espère également franchir la ligne d’arrivée dans le Cotentin à bord de Canada Ocean Racing, le plan Owen Clarke de 2011 (à l’origine d’Acciona), tandis que le Hongrois Szabolcs Weöres sera à bord de Szabi Racing, l’ancien Aviva de Dee Caffari. Le Belge Denis van Weynbergh court sur l’un des rares IMOCA construits en Hongrie, à l’origine le Spirit of Hungary de Nandor Fa, aujourd’hui appelé D’Ieteren Group. L’Allemagne et la France seront représentées par Isabelle Joschke à bord de MACSF, le VPLP-Verdier 2007 ex-Safran.

     

    La Suisse compte actuellement deux concurrents sur la Rolex Fastnet Race-destination Cherbourg-en-Cotentin. Alan Roura, le plus jeune concurrent du Vendée Globe a terminé 12e de la course 2016-17 à seulement 23 ans. Roura, qui en est à sa troisième tentative, navigue à bord d’un bateau compétitif, le dernier Hugo Boss d’Alex Thomson. Justine Mettraux, l’une des quatre femmes engagées, est en train de devenir l’une des skippers au large les plus accomplies de son pays. Elle a terminé deuxième de la Mini Transat et a participé à trois Ocean Race, gagnant avec Dongfeng Race Team et actuellement avec 11th Hour Racing. Elle fait campagne sur le plan VPLP 2018 Teamwork, qui était le précédent Charal de Jérémie Beyou.

    Justine Mettraux, © Jean-Marie Liot

    Romain Attanasio dispose d’un nouveau Fortinet-Best Western, à l’origine l’Edmond de Rothschild de Seb Josse, qui, sous une forme très modifiée, a terminé cinquième du dernier Vendée Globe en tant que Seaexplorer-Yacht Club de Monaco de Boris Herrmann. Le Monnoyeur Duo For A Job de Benjamin Ferre était à l’origine le MACIF de François Gabart, qui a non seulement remporté le Vendée Globe 2012-13 mais aussi la Rolex Fastnet Race 2013, avant d’être mené par Clarisse Crémer sous le nom de Banque Populaire à la 12e place et à la première place féminine lors du dernier Vendée Globe. Clarisse Cremer doit d’ailleurs participer sous les couleurs de l’Occitane, son nouveau sponsor.

    Pendant ce temps, trois autres personnes courent sur des bateaux vintages du Vendée Globe 2008-09. Le navigateur professionnel Sébastien Marsset sur Foussier-Mon Courtier Energie, vainqueur de la Volvo Ocean Race avec Groupama et 11ème du dernier Vendée Globe. Freelance.com est skippé par Guirec Soudée, un aventurier qui a déjà passé cinq ans autour du monde à la voile, le plus jeune marin à traverser le passage du Nord-Ouest et a traversé l’Atlantique à la rame d’Ouest en Est et d’Est en Ouest. Manuel Cousin, du Groupe Setin, un ancien navigateur de Class40 est passé à la classe IMOCA en 2017 et a terminé 23eme du dernier Vendée Globe.

    Le niveau de compétition et le calibre de la flotte IMOCA sont tels que la moitié de la flotte est susceptible de gagner, ce sera spectaculaire !

    La 50eme édition de la Rolex Fastnet Race partira de Cowes, sur l’île de Wight, le samedi 22 juillet et arrivera à Cherbourg-en-Cotentin pour une semaine de festivités.  Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site web de la Rolex Fastnet Race.

  • Dans 3 mois, le Cotentin accueille la Rolex Fastnet Race

    La Rolex Fastnet Race, plus grande course au large au monde, va de nouveau s’arrêter à Cherbourg-en-Cotentin cet été, entre le 17 et le 29 juillet. C’est en effet dans la Grande Rade du port normand que sera mouillée la ligne d’arrivée de ce parcours de 695 milles (1 200 km) au départ de Cowes (Angleterre) et qui enroule l’emblématique Fastnet Rock situé au sud de l’Irlande. Ce sont ainsi près de 480 bateauxun record absolu – qui sont attendus pour cette 50ème édition. Cette année, Cherbourg-en-Cotentin déroule le grand jeu. Les équipages qui le souhaitent peuvent en effet faire escale avant le départ pour profiter de l’accueil normand avant de traverser la Manche et se lancer dans la course, le 22 juillet. Les trimarans géants, les Ultims, doivent boucler ce parcours en moins de 48 heures et seront les premiers à franchir cette ligne qui verra les arrivées se succéder toute la semaine.

    Une semaine de festivités

    Les bateaux vont commencer à s’amarrer à Cherbourg-en-Cotentin dès le 17 juillet où ils pourront finaliser leur dossier d’inscription mais c’est le 20 que débute officiellement la semaine de festivités avec une grande soirée de présentation, suivie d’un concert. A partir du 22 juillet, à 10h00, le village ouvre ses portes pour permettre au public de suivre en direct le départ depuis Cowes sur écran géant, tout en profitant des nombreuses animations offertes. Deux remises des prix sont prévues pour rencontrer les marins. La première, le 25 juillet, est destinée aux skippers professionnels alors que les amateurs auront leur moment de gloire le 28 juillet. Chaque cérémonie est suivie d’un concert gratuit et ouvert à tous. Et nouveauté, pour une première fois à Cherbourg-en-Cotentin, un spectacle de drones viendra illuminer le ciel au-dessus du port Chantereyne et des bateaux finishers.

    Grands marins et bateaux d’exception

    Née en 1925, la Rolex Fastnet Race est une course mythique et cette édition anniversaire rassemble une flotte bigarrée et éclectique où des voiliers d’époque croisent des machines dernier cri. Certains traversent même le globe pour prendre le départ à l’image de Maluka, un vétéran aux lignes arrondies fidèle à la Sidney – Hobart, sœur jumelle de la Rolex Fastnet Race. Ce voilier des mers du sud côtoiera ainsi Moonbeam, somptueux plan Fife lancé en 1903 et skippé par Jacques Caraës, directeur de course des deux dernières éditions du Vendée Globe. Les machines les plus rapides sont bien sûr les Ultims au premier rang desquels le Maxi Edmond de Rotschild, vainqueur des deux dernières éditions et détenteur du record de l’épreuve. Les IMOCA, bateaux du Vendée Globe sont attendus en nombre, au même titre que les Class40 ou les Ocean Fifty, de spectaculaires trimarans de 50 pieds (15m). Plusieurs unités spectaculaires, comme le grand Lucky (27 mètres), sont également inscrites et feront le bonheur des spécialistes puisqu’elles évoluent plus souvent sur le circuit anglo-saxon.

    Chiffres clés :

    • 10 jours de festivités (du 20 au 29 juillet)
    • 480 bateaux attendus.
    • 30 000 m² d’espaces dédiés à la course dont
    • 1,8 km de pontons aménagés spécialement
    • 10 concerts programmés
    • Plus de 50 stand et animations à terre et sur l’eau
    • 40M de tyrolienne, skimboard, bassin de plongée, simulateur de voile…
    • 3 écrans géants pour suivre la course
    • 200 drones dans le ciel pour spectacle inédit le 28 juillet
    • 150 000 visiteurs attendus
    • 4500 marins au départ
    • Près de 300 personnes mobilisées pour l’organisation
    • 3 temps forts à ne pas manquer :
      • 20 juillet – 18h00 : Soirée de lancement : Présentation des équipages
      • 25 juillet – 18h00 : Remise des Prix aux Professionnels
      • 28 juillet – 18h00 : Remise des Prix aux IRC et Class40
  • Podcast Le roman du Fastnet – Ecouter l’épisode 3

    A l’occasion de l’ Arrivée de la 50ème édition de la Rolex Fastnet Race en juillet 2023, l’association Arrivée Fastnet Cherbourg, qui organise l’arrivée , vous propose le Roman du Fastnet. Un podcast mensuel en six épisodes qui, en compagnie d’invités ayant une histoire avec la course, revient sur des moments forts de cette épreuve presque centenaire. Découvrons ensemble le troisième épisode.

    Episode #3 –  Géry Trentesaux : pour l’amour du Fastnet

    Avec 16 participations à la Rolex Fastnet Race, la première à 20 ans en 1977, le Nordiste Géry Trentesaux fait partie des piliers d’une course qu’il a remportée à cinq reprises. Sur ses bateaux qui arborent tous le préfixe Courrier en hommage au Courrier Sud d’Antoine de Saint-Exupéry, il sélectionne à chaque fois soigneusement son équipage en vue de LA course des saisons impaires.

    « Tous ceux qui naviguent pendant la saison sur un Courier n’ont pas forcément le droit de courir le Fastnet à bord », rappelle celui qui a connu la dramatique édition 1979, mais aussi celle de 2007, à la météo redoutable. « Sur cette course, il faut de bons régatiers, mais aussi des équipiers solides, car ça peut être dur », ajoute-t-il.

    Le Fastnet, Géry Trentesaux y pense toute l’année de son domicile bruxellois ou de ses bureaux de la banlieue de Lille. « La semaine précédant le départ, je m’isole en Bretagne, je me projette dans la course et je veux qu’on me fiche la paix ! » sourit celui dont le verbe toujours posé dissimule une passion intacte.                      

    Initié à la course au large par ses parents, il fait la rencontre en 1978 de Piet Vroon. Véritable figure de la course au large aux Pays-Bas, homme d’affaires et régatier, ce dernier embarque le jeune Nordiste pour sept saisons à bord de ses bateaux Formidable et Tonnerre de Breskens, avec trois participations à l’Admiral’s Cup à la clé. Viennent ensuite les années Figaro (trois participations à la Solitaire, dont un podium en 2004), mais Géry Trenteseaux aime trop l’équipage et le Fastnet.

    Cherbourg-en-Cotentin est peut-être le seul port qui peut accueillir autant de bateaux.
    Gery Trentesaux
    Skipper français

    Membre et ancien vice-commodore du Royal Ocean Racing Club, il finit par le remporter une première fois en 2001 sur Courrier Nord, un IMX 40. Suivent la victoire de 2007 sur Courrier du Cœur (First 44.7), celles de Courrier Vintage (proto Lombard construit chez Marsaudon) en 2013, de Courrier du Léon (JPK 10.80) l’édition suivante et de Courrier Recommandé (JPK 11.80) en 2019. 

    Amoureux du Fastnet, ce rocher qui lui « fait toujours penser à L’Ile Noire de Tintin », Géry l’est aussi des bateaux IRC, qu’il faut savoir préparer et optimiser. Après avoir un temps pensé à raccrocher, il a décidé de revenir tenter sa chance une dix-septième fois cette année et disputera la 50e édition de la Rolex Fastnet Race en juillet sur un Ker 43, mis à l’eau en mars. Consigne dès le 14 juillet à son entourage : Do not disturb !

    Le podcast  « Le roman du Fastnet » c’est votre entrée VIP dans l’histoire de la course. Faite le plein d’anecdotes, de témoignages et d ‘échanges avec les personnes qui ont contribué à faire de cette course, une légende. Venez vous imprégner de  l’atmosphère de la Rolex Fastnet Race au micro de Pierre-Marie Bourguinat, de quoi vous faire patientez jusqu’au 22 juillet 2023 pour le départ de la 50ème édition.